Frédérick Boucher est un chef québécois qui travaille au bar/restaurant Gravity à Paris.

Frédérick Boucher – Portrait d’un chef Québécois

À la rencontre de Frédérick Boucher, chef québécois à Paris…

On s’était donné rendez-vous dans un café-resto du 10e arrondissement de Paris, l’un des meilleurs en ville à savoir faire des oeufs au plat servis avec du bacon et des rôties comme au Québec. Le petit-déjeuner américain était de mise puisque je rencontrais l’un des trop peu nombreux chefs Québécois travaillant dans la métropole française.

Il est originaire d’un village du Bas St-Laurent, Price. Ce nom vous dit rien? Normal, même moi j’avais du mal à le situer sur la carte. « Tu vois Rimouski? Bien tu continues encore longtemps vers le nowhere, et tu vas y arriver. » C’est là qu’est né et a grandi Frédérick Boucher, ce trentenaire roulant en fixie dans les rues, parfois chaotiques, de la ville lumière.

Après avoir passé quelques années dans les cuisines de sa région, c’est à Montréal qu’il s’en est allé pour s’attaquer à de plus gros fourneaux comme le Pullman, le Newtown et le Pastaga, pour en nommer que quelques uns. Puis un jour, un appel de l’un de ses amis qui a besoin d’un coup de main en Europe. Un call pour Paris! Ça tombait bien, Frédérick avait envie de changer d’air. Il trouve l’opportunité attrayante et il accepte immédiatement, troquant son appartement montréalais pour les « garde-robes » parisiens. Ça, c’était il y a un an et demi, et le chef n’a toujours pas décidé de retourner au Canada, surtout que depuis l’été dernier, il est aux commandes des plaques d’un tout nouvel endroit « trendy » de Paris, Le Gravity. Un bar à cocktails fondé par des amateurs de glisse et où Frédérick a la liberté d’imaginer une carte selon les produits de la saison et de ses envies.

 

Gravity-Paris

Gravity-Paris

J’ai voulu en savoir un peu plus sur son intégration dans le monde culinaire d’un pays qui a vu sa gastronomie rentrer dans le patrimoine de l’Unesco il y a quelques années. On aurait pu croire que celle-ci aurait été difficile, mais il semble que non, et ceci serait en partie dû à l’augmentation des chefs étrangers en cuisine. Une vraie tendance en ce moment en France! Certes, il y a eu de l’adaptation entre autres aux termes à employer dans le domaine, ou l’utilisation de centilitre dans les recettes plutôt que de millilitre ou de tasse. L’organisation y est davantage structurée et planifiée dans les cuisines françaises que québécoises, donc malheureusement moins de spontanéité, et le manque de personnel qualifié. Mais aussi, il y a eu un ajustement à faire sur les produits, car certains aliments dont Frédérick avait l’habitude d’utiliser ne se retrouvent pas en France, ou très difficilement. Petite adaptation au final, pour une grande appréciation en général de la variété de légumes à chaque saison. Avec des hivers moins rigoureux, les champs produisent plus, et ce, pour le plus grand bonheur des restaurateurs.

On sent que Frédérick se sent à l’aise à Paris et qu’il sait y faire sa place. « Après la France? » lui ai-je demandé. Pour l’instant, il ne songe pas à partir. Il reste encore inspiré par la cuisine et se plaît de sa vie parisienne, même si certains matins il n’a pas le goût d’enfiler le tablier. La sommellerie sera peut-être le chemin qu’il prendra le jour où il ne voudra plus être aux fourneaux, et pour cela, il se trouve, disons, au bon endroit.

Quelques bonnes adresses de Frédérick Boucher:

Clamato

Verre Volé

La Buvette

Holybelly

Retrouvez donc ce chef québécois derrière le comptoir du Gravity dans le 10e arrondissement et si vous avez de la chance, il restera du pudding chômeur à la carte comme dessert.

Vicky

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