La Galerie des Jalousies de Marie-Bernadette Dupuy

Lecture – La Galerie des jalousies T.1 de Marie-Bernadette Dupuy

Pour son 32e roman, l’écrivaine française, Marie-Bernadette Dupuy, nous emmène à Faymoreau un petit village minier de Vendée durant les années 20. Avec cet ouvrage, l’auteur signe le premier tome d’une nouvelle trilogie enivrante : La Galerie des Jalousies.

Un polar provincial

Tout est paisible à Faymoreau jusqu’au coup de grisou qui provoque l’effondrement d’une galerie causant la perte de trois miniers. Seulement, Thomas Marot et son beau-frère, se retrouvent prisonniers dans les entrailles de la terre et leurs chances de survis sont très minces. Lorsqu’elle apprend la terrible nouvelle, Isaure Millet, se précipite sur les lieux, paniquée à l’idée de perdre celui qu’elle aime depuis toujours. Malheureusement, ce dernier n’est plus un cœur à prendre puisqu’il va épouser Jolenta, une jeune polonaise.

L’accident va prendre une tournure bien différente lorsqu’on retire des décombres le corps d’une des victimes qui a été assassinée d’une balle dans le dos. Julien Devers, un inspecteur parisien, va débarquer dans ce village et va très vite ranimer de vieilles rancoeurs et réveiller des secrets que les villageois auraient préférés ne pas ressusciter. Il y a un meurtrier dans cette bourgade et le policier est bien décidé à trouver le coupable malgré le mutisme dans lequel se sont enfermés les gueules noires. Sauf que plus un secret a de gardiens, mieux il s’échappe…

De l’amour en guise de survis 

L’amour fait partie intégrante de cette saga, elle permet aux personnages de supporter les ravages de la guerre mais aussi leurs misères quotidiennes. Isaure s’accroche à un futur avenir avec Thomas pour fuir son père violent mais les sentiments ne sont pas réciproques. Lorsque l’inspecteur Devers tombe sous le charme d’Isaure, le futur marié va voir d’un mauvais œil ce rapprochement. Serait-ce une once de jalousie ? Comme le dit si bien Mme De la Fayette « la jalousie seule fait sentir que l’on est amoureux ». En sera-t-il de même pour lui ? Et ne sera-t-il pas trop tard ?

Un univers zolien revisité 

Dupuy distribue la douleur au sein de son personnel romanesque. Cette époque d’après guerre qui a torturé et marqué le peuple par bien des manières, l’auteur se le réapproprie et chaque personnage du roman se voit convoqué, au fil de chapitres, pour définir son degré de souffrance physique ou morale.

Ainsi, ce roman fait écho au naturalisme et plus particulièrement au Rougon-Macquart de Zola tant par sa volonté de décrire les classes sociales défavorisées que par l’envie de montrer que les aspects immoraux ou vulgaires sont directement liés au milieu social. C’est d’ailleurs l’une des raisons de leur comportement.

Dupuy revisite donc l’univers zolien avec succès puisqu’on savoure chaque page de ce roman. L’auteure excelle dans ce style provincial qui lui est propre et nous prenons plaisir à percer les mystères de ce village minier où chacun cache un terrible secret. On prend part à l’enquête et on s’accapare le rôle de Devers l’espace d’un instant.

Prenant et touchant, ce roman va vous tenir en haleine jusqu’à la dernière page. Dupuy a l’art des finales hautes en couleurs au point vous aurez qu’une envie : ouvrir le second tome ! Mais pour cela il faudra attendre un petit moment !

 

La Galeries des jalousies T.1, M.B Dupuy, Editions JCL, 30€

Disponible chez notre partenaire la Librairie du Québec

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