L'accent québécois dans une publicité en France fait jaser

Publicité qui imite l’accent québécois… bonne ou mauvais idée? On inverse les rôles…

Un opérateur français de téléphone, a réalisé une publicité qui mets en scène un acteur imitant l’accent québécois. Une publicité qui pourrait être perçue comme voulant ridiculiser les expressions québécoises. En effet, la scène est remplie de clichés.

Le concept

Un motocycliste entre dans une boutique et se dirige vers un vendeur. Il commence à s’adresser à lui et le vendeur « active » les sous-titres pour le comprendre. S’enchaîne une conversation entre le québécois et le vendeur qui a pris le même accent tout d’un coup. La conversation est tellement rapide et incompréhensible, puisqu’incongru, même par un québécois qu’il m’a fallu ré-écouter le dialogue pour comprendre la publicité. En fait, par chance qu’une narratrice résume le service mis en avant à la fin.

Plusieurs erreurs

Pourquoi utiliser des termes en anglais?  « Customer » au lieu de client ou bien « for free » à la place de gratuitement. Une conversation qui ne pourrait jamais réellement arriver au Québec. Je vous explique les autres erreurs après la vidéo.

Le but est probablement de caricaturer le québécois mais pourquoi? On pourrait prétendre que le côté sympathique du québécois ressort dans cette vidéo même si celui-ci semble à bout de nerf en entrant dans la boutique.

L’opérateur historique français a-t-il visé juste avec cette publicité? Qu’en pensez-vous? Trouvez-vous que cela ridiculise les québécois ou bien plutôt qu’ils sont mis en valeur?

On vous laisse juger par vous même et par la suite je vous explique en détails celle-ci et on s’amuse un peu!

Pour rire

J’ai pensé décortiquer le texte et ensuite, j’ai fait l’exercice inverse comme si la conversation aurait eu lieu au Québec avec un français comme client. Cela aurait été perçu comment d’après vous?

– Allo, vous autres. (pourquoi vous autres? Oui, les québécois peuvent dire ça mais si ils s’adressent à plusieurs personnes au même moment par à un seul vendeur.)

– Je viens de croiser un pickpocket (un voleur à l’arraché au Québec, mais on aurait plutôt dit, je viens de me faire voler mon cell)

– pas le temps de bretter. (En gros le « pickpocket » n’avait pas de temps à perdre, ce qui est en effet rarement le cas, ça n’amène à rien à la conversation sauf d’ajouter une expression)

– J’ai ma journée dans le corps et les deux yeux dans le même trou (bon on comprends qu’il est fatigué, imagé comme expression)

– ma blonde (copine), j’ai parké (garé) le bike (un québécois aurait dit la moto)

– Je suis à boutte. (à bout de nerf…le t étant prononcé au Québec dans ce cas-ci à la fin d’un mot)

– Je pète ma coche (il va péter un câble comme les français dirait donc Je vais péter ma coche aurait été mieux dans ce cas)

– Aidez-moi câliss (ici, c’est une grosse faute car on utilise un sacre ce qui est très vulgaire au Québec donc assurément pas utilisé dans ce contexte avec quasiment un sourire au visage mais plutôt si le client avait été très énervé contre le vendeur. Ou bien c’est mal joué car comme il vient de dire qu’il pète sa coche au présent, il aurait dû vraiment s’énerver et là en effet cette phrase est bonne. Mais pourquoi s’énerver quand le vendeur n’a encore rien dit? 😉 )

– C’tannant c’t’affaire là (c’est ennuyant comme situation)

– Tire toi une bûche (en gros il l’invite à s’asseoir mais cette expression lorsqu’elle est utilisé au Québec c’est plutôt dans un contexte familiale ou bien amicale pour invité quelqu’un à s’asseoir quand on est à la maison.

– Attache ta tuque (expression très peu utilisé aujourd’hui au Québec dans le langage courant mais auparavant cela voulait effectivement dire accroche-toi je vais t’annoncer quelque chose qui pourrait te décoiffer!)

– Dispendieux (venant du vieux français qui veut dire cher)

– C’t’au boutte (c’est génial) Je suis gras dur (Encore une fois imagé, il en a eu à sa faim donc il a le gras du ventre dur)

– C’est crissement hot icitte (Là on n’est plus dans la conversation mais le québécois veut apprendre une expression au français. Icitte au lieu d’ici est réellement utilisé encore aujourd’hui au Québec dans le langage parlé. Pourquoi on ajoute 2 T et 1 E à la fin… bonne question! 🙂

On inverse les rôles et on essaie de garder le même genre d’expression et de fautes… 

Français : Bonjour monsieur.

– Zy va, j’viens d’me faire pécho mon portable par un putain de pickpocket. Le mec s’est enfui en courant.

– Chui dans la merde,  chu éclaté, j’pique du nez, j’ai mal garé la moto en double fille, j’dois rejoindre ma pineco, je vais péter un câble alors ta mère la pute, vous allez m’aider ou quoi bordel?

Québécois ayant pris l’accent français et non pas le comportement :  Mais bien sûr, c’est en effet très relou, donc asseyez-vous ici, je vais vous annoncer une nouvelle qui va vous faire kiffer! Je vais vous prêter un portable gratuitement!

F – Wow! Trop d’la balle! C’est énorme!

Q – De rien.

A la fin l’expression qu’il tente d’apprendre ensemble : C’est trop d’la bombe chez vous! Ca déchire!

Alors… vous comprenez mieux?

2 Réponses

  1. benjicqsv

    Chouette article ! juste un seul petit point de désaccord. je ne pense absolument pas qu’on veuille caricaturer les québécois. On aurait pu faire la même pub avec des belges et cela n’aurait absolument pas changer l’idée de cette pub d’orange qui est de vendre son service de sous titre ! C’est juste que c’est plus marrant et percutant pour la pub l’idée de traduire une langue française (quebecoise) que les français ne comprennent pas plutot que de traduire de l’anglais ou de l’allemand.

    Alors oui peut etre que les expressions quebecoises sont vieilles et/ou ne veulent rien dire mais vraiment en tout cas, du coté de la france, on ne prend vraiment pas cette pub pour une moquerie vis à vis des québécois. mais juste un moyen de vanter le service proposé des sous titres d’orange

    bises

Laisser un commentaire